Traduire, c’est un métier !

Certains clients (sinon pratiquement tous) ont tendance a oublier que de traduire, c’est un métier et qui dit métier, dit de répondre à un besoin, celui de transcrire un texte d’une langue à une autre. Seulement, cela implique fatalement certains aspects linguistiques qui échapperont aux traducteurs automatiques ou aux étudiants qui ne sont manifestement pas traducteur de métier.

La traduction d’une langue à une autre repose sur certains aspects incompréhensibles par une machine

Un de ces aspects est contextuel, c’est à dire qu’un texte n’est jamais innocent et qu’il porte en lui un contexte mais aussi une culture, celle de la langue source du texte. Dans ces conditions, la traduction d’un texte devra obligatoirement reposer sur le travail d’un traducteur professionnel. Evidemment, la question du contexte culturel variera énormément d’un texte à un autre, notamment pour un texte purement technique (imaginez la notice d’utilisation d’un appareil…) par rapport à un texte descriptif de traditions régionales par exemple. Cependant, ce n’est pas la seule variable de traduction à prendre en compte, loin s’en faut.

En effet, l’aspect grammatical lui-même change d’une langue à une autre puisque n’importe quelle langue repose sur 3 données fondamentales: le temps, le mode et l’aspect. Certaines langues comme l’anglais marquent l’aspect directement par la graphie de leurs verbes alors que le français et les langues latines en général ne le font pas de cette manière. C’est à dire qu’en anglais un verbe est marqué par sa terminaison en -ing pour exprimer l’immédiateté de l’action et l’infinitif pour exprimer une action récurrente et habituelle. Cette forme aspectuelle de l’anglais est absente en français par exemple. A l’opposé, le français possède l’imparfait et le passé simple pour marquer l’aspect d’une phrase, ce que l’anglais ne marque pas de cette manière et résout autrement dans un texte. Je pourrais également vous parler de l’allemand mais ces deux exemples constituent déjà une approche simple et pertinente pour expliquer à un étudiant ce qu’est l’aspect d’une langue. A l’opposé, vous ne pouvez pas l’apprendre à un ordinateur ou à un traducteur automatique, ce qui explique déjà un grand nombre d’erreurs de traduction des textes soumis à ce genre d’engins (au sens latin du terme). Mais dans une grande majorité des cas, vous aurez besoin d’un traducteur en chair et en os pour traduire vos textes.

Traduire correctement un texte implique un coût comme pour n’importe quel service

Traduire implique nécessairement un coût puisque vous ne vous adressez pas à une machine, même si votre « système » ou logiciel de traduction vous aura déjà coûté. A partir du moment où vous l’aurez accepté, vous comprendrez aussi que de payer pour un service vous mettra à l’abri d’un certain nombre d’erreurs qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour votre entreprise et le site qui hébergera des traductions fautives ou mal adaptées. Cette remarque est d’ailleurs tout aussi valable pour la rédaction SEO.

Commencez par vous adresser à la bonne personne

En effet, si vous attendez de votre petit cousin ou d’un étudiant qu’il produise une traduction correcte d’un texte important pour votre entreprise, vous risquez surtout de vous exposer à de mauvaises surprises qui, elles aussi ont un coût, ou à perdre des clients. Un étudiant n’est pas traducteur professionnel, ni rédacteur SEO d’ailleurs, et n’est donc pas en mesure de vous fournir une traduction qui réponde aux critères que nous avons évoqués plus haut. Un étudiant ne baigne pas dans le milieu de la traduction comme pourrait le faire un traducteur professionnel. C’est à dire qu’il n’évolue pas avec l’expérience (qu’il n’a pas) et qu’il n’apprend pas de ses erreurs. Un étudiant ne sait pas traduire car il traduira du « mots à mots » mais pas un texte. Rien n’empêche cependant un étudiant d’évoluer par la suite vers la traduction professionnelle mais c’est encore un autre débat.

Traduire est un art, c’est à dire un processus qui repose sur une technique

Effectivement, un texte repose sur un ensemble de concepts objectifs et subjectifs, sur des idées et des principes. Le travail du traducteur repose nécessairement sur la traduction de ces idées à partir d’une langue source qu’il maîtrise, vers sa langue maternelle. A l’opposé, vous n’avez aucune garantie de la sorte avec un étudiant; vous ne pouvez pas savoir s’il maîtrise parfaitement la langue source d’un texte. Traduire est donc un art, c’est une technique où les traducteurs professionnels commencent par lire le texte à traduire afin de s’en imprégner. Naturellement, cela demande un minimum de temps et donc, d’argent. Vous l’avez compris, traduire n’est pas un processus linéaire et purement technique, à l’image d’un traducteur automatique. Cette simple remarque explique déjà la différence entre la traduction d’un traducteur professionnel et d’un logiciel. Pour l’instant, un ordinateur n’est toujours pas en mesure de travailler avec des idées placées en contexte.

Faire traduire ou faire semblant de traduire, à vous de choisir…

Tout ceci pour vous dire que vous devrez choisir. Soit de perdre de l’argent en misant sur le hasard, soit de faire appel à un traducteur professionnel qui connait son métier. En outre, vous vous adressez à une personne et vous pouvez donc lui expliquer ce que vous attendez d’un texte traduit, au besoin des adaptations à produire d’un texte, même chose lorsqu’il s’agit d’une rédaction SEO. Si vous cherchez à faire passer un message précis à travers un texte, en fonction de la politique de votre entreprise (adaptation), vous ne pourrez le faire qu’en faisant appel à un traducteur professionnel, qui adaptera le texte en fonction de vos idées.

A partir de là, vous devez bien comprendre que vous ne pouvez pas exiger d’un traducteur de travailler toujours plus vite, toujours mieux, et pour toujours moins cher. Traduire ne se limite pas non plus à la traduction pure et dure d’un texte. Cela demande aussi un temps de relecture du texte traduit, ce qui explique aussi le tarif que vous aurez à payer.

Quoi qu’il en soit, je pense que cet article était nécessaire afin d’éclaircir un peu ce qu’il en est des conditions de traduction des professionnels. Pour ceux qui voudraient en connaître plus sur la traduction, je vous conseillerais l’ouvrage d’Henri Meschonnic, Poétique du traduire, un grand classique qui demande cependant une culture bien assise des sciences humaines.

Eric Mallet