Maitriser l’orthographe, la condition sine qua non des rédacteurs SEO

Lorsque je me suis rendu chez un des mes clients – pas toujours très pointilleux sur les détails – celui-ci m’a présenté comme journaliste à un de ses clients, métier que je n’exerce pas. Traducteur et surtout rédacteur Web, tout comme n’importe quel enseignant ou quiconque se doit de manipuler le français, ont pour objectif d’écrire sans faire de fautes d’orthographe. A vrai dire, c’est devenu plus qu’une mission, sinon un véritable sacerdoce, à voir le nombre impressionnant de jeunes qui sortent de l’école (et parfois de l’Université) sans maitriser l’écriture de leur langue maternelle.

L’orthographe est un code commun employé par l’ensemble d’une communauté de langue qui s’exprime à l’écrit. Et qui dit code dit règles à respecter et donc, respect des règles permettant l’articulation de la langue et la transmission d’informations. En effet, si on parle des mathématiques au pluriel – une autre forme de code inventé par l’espèce humaine – il n’en est pas moins vrai que les sciences dures présentent des règles à respecter alors que pour les langues, cette évidence semblerait ne pas aller de soi. Pourtant, il n’en est rien.

L’orthographe est discriminante dans toutes les sociétés humaines

En effet, le travail du scribe dans l’Egypte antique était particulièrement admiré et respecté, tout comme l’était celui des moines qui rédigeaient la Bible au Moyen âge, respecté et surtout reconnu et donc, à l’abri du besoin sur le plan financier ou matériel. Là aussi, et même si le contexte est assez différent, cela n’a que peu changé dans notre monde moderne, qu’il s’agisse des journalistes, enseignants ou rédacteurs dont nous faisons partie. C’est ainsi que les choses se présentent ; n’importe quelle société évoluée reconnaît l’importance de ses scripteurs et les discriminent positivement d’une autre partie de la population, les illettrés.

Ajoutez-y simplement l’agriculture – culture agraire cette fois – et vous comprendrez quels sont les socles de notre monde. Culture écrite, l’écriture discrimine d’abord parce qu’elle traduit l’implication intellectuelle de ceux qui la maitrise. Culture agraire ensuite, parce qu’elle permet de sustenter autant ceux qui écrivent que ceux qui usent de leurs mains pour gagner leur vie. C’était vrai dans toutes sociétés, ça l’est encore aujourd’hui, ça le sera encore demain. Pourtant, et d’un point de vue plus personnel, j’ajouterais simplement que la maitrise du français sous-entend également une notion de respect, d’abord pour soi-même et ensuite pour ceux qui nous lisent. Commencez par maitriser votre langue et l’on vous prendra au sérieux. A nouveau, l’orthographe vous permet de posséder les premiers atouts de votre évolution sociale. Cette maitrise, si elle passe d’abord par l’école (en théorie) se doit d’être poursuivie tout au long de l’existence. Et si l’orthographe est sans doute l’apanage de l’honnête homme, du moins, c’est ainsi que les choses sont perçues depuis l’invention du premier alphabet.

Objectivement, la maîtrise de l’orthographe importe surtout dans vos rapports avec l’administration française puisque la langue de l’Etat, c’est le français. Dans tous les cas de figure, l’orthographe a donc du sens, précisément sur le plan social.

Sur Internet comme ailleurs, l’orthographe s’applique

En toute logique, Internet ou une entreprise comme Google ne supporteront pas plus le chaos orthographique que le lecteur d’un journal de rue rédigé par des illettrés. Synonyme d’incohérence de la pensée lorsqu’elle n’est pas respectée, l’orthographe agit un peu comme les mathématiques ; il s’agit de normes universelles. Il ne viendrait à l’idée de personne de compter systématiquement à l’envers ; pour le langage, c’est un peu la même chose. L’orthographe des langues est désormais fixée, même si on sait très bien qu’elle continuera d’évoluer.

Pour l’entreprise, le problème se pose désormais en termes de coûts désormais calculables et devenus non négligeables. Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’un site vitrine, ou pire encore, d’un site de e-commerce, les fautes de grammaire ou d’orthographe aboutissent systématiquement à une perte de crédibilité. Sur les sites de ventes, cela se traduit désormais assez rapidement par l’abandon du panier et donc, des achats potentiels à venir sur le site concerné. D’un point de vue statistique, une enquête effectuée par la BBC estimait à 50% les risques d’abandon d’achat sur un site commercial. Autrement dit, l’internaute ira voir ailleurs une fois sur deux. De là, vous imaginez facilement les conséquences que cela implique sur le chiffre d’affaires des entreprises, sans parler des conséquences désastreuses sur l’image de marque.

Récemment, un article de l’Expansion a révélé que 90% des mails envoyés par les entreprises vers leurs clients comportaient des fautes d’orthographe, ce qui n’est pas sans causer d’impact sur la négociation d’un contrat ou d’une vente, la plupart du temps purement et simplement annulée. Les fautes d’orthographe présentent également un effet secondaire que l’on attendait pas, c’est que les mails qui en comportent sont de plus en plus souvent considérés comme des spams et donc, jamais lus. A partir de là, il est inutile de dire que toute entreprise sérieuse se doit de faire la chasse aux fautes grammaticales et autres coquilles particulièrement dommageables à sa réputation.

Faire preuve de rigueur avec l’orthographe, ni plus ni moins

Personnellement, c’est pour moi un sujet qui s’avère parfois difficile face à certains de mes clients. Je me vois assez mal critiquer une orthographe déficiente à partir du moment où cette remarque pourrait être mal interprétée ou considérée comme prétentieuse de ma part. En l’occurrence, ce n’est jamais le cas, puisque personne, comme je me suis évertué à vous l’expliquer en début d’article, ne peut échapper aux règles de grammaire et d’orthographe d’une langue s’il veut passer un tant soit peu, pour une personne crédible et sérieuse.